
Dashy Raspberry Pi : un portail d’accueil unique pour tout mon réseau domestique.
Après trois articles, mon réseau domestique dispose déjà de tout ce qu’il faut pour être surveillé sérieusement : Prometheus collecte, Uptime Kuma vérifie la disponibilité, Grafana visualise. Mais il me manquait encore une chose toute simple : une page d’accueil unique, avec tous les liens vers mes services, plutôt que d’avoir à retenir une dizaine d’adresses IP et de ports différents. C’est le rôle de Dashy.
Dashy Raspberry Pi, c’est quoi exactement ?
Dashy est un tableau de bord « portail » auto-hébergé : une page d’accueil personnalisable qui centralise des liens vers tous les services de votre réseau (Prometheus, Grafana, Uptime Kuma, votre NAS, votre routeur, vos applications…), organisés en sections, avec icônes, et même des petits widgets qui affichent en direct l’état de certains services.
Dans mon NOC, Dashy me sert de point d’entrée unique : au lieu d’avoir mes adresses IP et mes ports notés quelque part, j’ouvre une seule page et je clique sur ce dont j’ai besoin.
Prérequis
- Un Raspberry Pi (ou toute machine Linux) avec Docker installé (voir l’article 2 de cette série pour l’installation de Docker si besoin).
- Un accès SSH ou un clavier/écran sur cette machine.
- Comme toujours, les adresses IP de cet article sont généralisées en
192.168.1.X.
Étape 1 : déployer Dashy avec Docker
On crée d’abord un dossier dédié pour stocker la configuration de Dashy Raspberry Pi, afin qu’elle survive aux mises à jour du conteneur :
mkdir -p ~/dashy/config
On lance ensuite le conteneur :
docker run -d --restart=always -p 4000:8080 -v ~/dashy/config:/app/user-data --name dashy lissy93/dashy
Explication rapide de cette commande :
-d --restart=always: lance Dashy en arrière-plan et le redémarre automatiquement si le Raspberry Pi redémarre.-p 4000:8080: expose l’interface (port interne 8080) sur le port 4000 de votre Raspberry Pi.-v ~/dashy/config:/app/user-data: relie votre dossier de configuration au conteneur, pour que votre page d’accueil personnalisée soit conservée.
On vérifie que le conteneur tourne bien :
docker ps
Rendez-vous ensuite sur :
http://192.168.1.X:4000
Vous devriez voir la page de démonstration par défaut de Dashy, avec quelques sections d’exemple.
Étape 2 : personnaliser votre configuration
Dashy se configure via un fichier YAML unique, ce qui permet de tout versionner et de tout modifier d’un coup. Ce fichier se trouve dans le dossier qu’on a monté à l’étape précédente :
nano ~/dashy/config/conf.yml
Voici un exemple simplifié de configuration, avec une section « Supervision » regroupant les services vus dans cette série d’articles (adresses généralisées, à adapter à votre réseau) :
pageInfo:
title: Mon réseau domestique
sections:
- name: Supervision
icon: fas fa-server
items:
- title: Prometheus
url: http://192.168.1.X:9090
icon: fas fa-chart-line
- title: Grafana
url: http://192.168.1.X:3000
icon: fas fa-chart-bar
- title: Uptime Kuma
url: http://192.168.1.X:3001
icon: fas fa-heartbeat
Chaque élément (item) est un lien cliquable, avec un titre, une URL, et une icône (Dashy utilise les icônes Font Awesome, mais accepte aussi vos propres images). Vous pouvez ajouter autant de sections que vous le souhaitez : une pour la supervision, une pour vos services multimédias, une pour vos outils personnels, etc.
Une fois le fichier sauvegardé, les modifications sont généralement prises en compte après un simple rafraîchissement de la page (Dashy surveille le fichier de configuration). Si ce n’est pas le cas, un redémarrage du conteneur suffit :
docker restart dashy
Étape 3 : ajouter un widget de statut (optionnel)
Dashy peut aussi afficher, directement sur un item, un indicateur de statut en direct (en ligne/hors ligne), sans passer par Uptime Kuma. Il suffit d’ajouter l’option statusCheck: true à un item :
- title: Grafana
url: http://192.168.1.X:3000
icon: fas fa-chart-bar
statusCheck: true
Un petit point coloré apparaît alors sur la vignette, vert si le service répond, rouge sinon.
Dépannage
La configuration de Dashy Raspberry Pi ne se met pas à jour : vérifiez que le fichier YAML ne contient pas d’erreur de syntaxe (l’indentation compte énormément en YAML). Un redémarrage du conteneur (docker restart dashy) force la relecture complète du fichier.
Impossible d’accéder à l’interface : vérifiez que le conteneur est bien démarré (docker ps) et qu’aucun pare-feu ne bloque le port choisi (4000 dans notre exemple).
Les icônes ne s’affichent pas : vérifiez l’orthographe exacte du nom d’icône Font Awesome utilisé (un nom mal orthographié n’affiche simplement rien, sans message d’erreur visible).
Petit glossaire
- YAML : un format de fichier texte structuré, très lisible pour un humain, souvent utilisé pour la configuration d’applications (on en reparlera d’ailleurs pour Prometheus dans un futur article dédié au dashboard maison).
- Widget : un petit élément visuel qui affiche une information en direct (ici, un statut en ligne/hors ligne).
- Self-hosted (auto-hébergé) : une application que vous installez et faites tourner vous-même, plutôt que d’utiliser un service cloud tiers.
Et maintenant ?
Avec Dashy Raspberry Pi, tout mon réseau tient désormais sur une seule page d’accueil. Dans le prochain article de cette série, on va s’intéresser à la supervision de mes PC Windows avec Windows Exporter, l’équivalent de Node Exporter pour Windows, afin de les intégrer eux aussi à mon Prometheus. Rendez-vous très vite !